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*** Chant de la femme louve par Oriabel Winkler ***
Un pur hasard me fit découvrir ces vers-ci :
Dans l’Aurès nous allons En toute quiétude Aurès Aurès
Ce havre de paix Chemins tortueux
Qui donc est ce poète qui parle si bien de l’Aurès,
Un Chawi originaire des montagnes certainement.
Il se cacherait derrière un pseudo.
Vite j’entrai en contact avec l’auteur.
J’avais faux sur toute la ligne.
Oriabel est une femme sortie tout droit du Moyen Age.
Elle aime l’Aurès tout simplement.
Je demande à lire ces autres poèmes.
Très vite je deviens un lecteur privilégié.
Une douceur sauvage émane de ses écrits.
Le jour, elle est cette princesse enfermée dans un donjon.
Une louve certes mais alors la louve de Rome,
celle-la même qui allaita Remus et Romulus.
Mais le soir venu, elle déploie ses ailes et s’élance depuis sa tour en quête d’une proie.
Elle est alors, à l’instar de Vampirella ou Luciféra,
une bête du Gévaudan et transgresse la raison,
enjambe le Styx et défie Hadès dans son antre pour libérer les amants maudits.
Avec des mots simples et spontanés qui lui sont propres,
cette femme poète écrit et décrit ce sentiment mille fois licencieux.
Elle devient alors une vestale vouée et dévouée au culte d’Aphrodite.
10 A l’instar d’Elizabeth Bowen, de Shirley Jackson, de Sylvia Townsend,
Oriabel aborde le thème du Démon Lover en des vers délicieusement sulfureux
à vous faire frissonner de plaisir ou d’angoisse
un peu comme dans les ballades celtiques où l’appel de la mort est très fort.
Le désir et la fascination semblent étroitement et intimement mêlés au banal ordinaire.
La seule question que je me pose est ce que fait Oriabel en notre époque où la poésie n’a pas de place ?
La savoir là, redonne quelque espoir et offre de la fraîcheur.
Messaoud NEDJAHI Le Chant de la femme louve recto - verso
Notre avis : Un corps aimant, ses pulsions et ses pulsations que les mots tentent de saisir.
Une entreprise nécessairement vaine, qui ne peut conduire qu’à l’explosion,
voire la désintégration du langage, et produire une écriture nécessairement libidinale, a
ux vers constellés… Recueil primitif, au bord du primal,
"Le Chant de la femme louve" donne à voir, mais surtout à ressentir,
au travers d’une expression concise et désarticulée,
les foudroiements de la passion, irraisonnée, irraisonnable.
Résumé : Avidité des lèvres, impatience et fébrilité du corps en attente, regards ardents, besoin d’apaiser ses turbulences intérieures au contact de l’autre et de sa peau:
des images et des thèmes filés tout au long d’un recueil composé par celle que l’on peut qualifier de poétesse du désir. Par celle qui sait travailler ses vers pour leur imprimer ces flux et reflux de l’envie épidermique, quasiment animale, de l’être aimé. Dusse l’obsession la tenailler et la submerger.
et reflux de l’envie épidermique, quasiment animale, de l’être aimé.
Dusse l’obsession la tenailler et la submerger. ****
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